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Extraction du Morta

Couteaux Morta | Bois et Environnement font la paire à l’Atelier JHP

Artisanat rime-t-il toujours avec écologie ? Rares sont les cas où les créateurs qui revendiquent l’appellation « artisan » utilisent des machines automatisées, avouons-le. L’objet d’art requiert, avant tout, une vraie façon, un matériau noble (ou pas d’ailleurs), un amour de la fabrication manuelle et du travail bien fait. En Brière, nous ne dérogeons pas à la règle et restons sur une matière première locale, un atelier à proximité et des mains humaines pour finir le boulot. Couteaux Morta, bois et environnement font équipe au cœur du marais de Brière. Empreinte carbone, transports internationaux, électricité, impact environnemental, autant de critères qui n’impressionnent pas Jean-Henri Pagnon. À l’atelier JHP, ce sont les couteaux qui sont hors de prix, pas la facture énergétique.

Coup de Motte

Coup de Motte – Extraction du Morta au début du XX siècle

Le noir de Brière | Un mode de vie écologique qui ne date pas d’hier

François II, écolo avant l’heure

Dès 1461, François II, duc de Bretagne, donne ses terres à ses vassaux. Que font ces derniers ? Ils prennent cette chance à bras-le-corps pour vivre en toute autonomie. À l’instar d’un système en autarcie, les habitants de l’époque avaient compris que la terre de Brière pouvait les nourrir, les couvrir, les chauffer, etc. En effet, les pâturages alimentaient le bétail, les rivières fournissaient le poisson, le chaume formait le toit des habitations et la tourbe, cette vase organique, servait de combustible pour les cheminées des foyers. La tourbe, la motte ou le noir, comme on l’appelait autrefois, se substituait au bois, rare dans la région.

Une extraction du bois maîtrisée

C’est en 1838 que la Commission Syndicale taxe la tourbe et distribue des cartes de tourbage pour en contrôler l’extraction. Découpée en petites mottes de 20 cm sur 10 environ, la tourbe voyageait en chaland pour rejoindre les chaumières environnantes.

Dans les années 80, la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière et le Parc naturel régional de Brière, après avoir mandaté la réalisation de différentes études techniques, confirment l’utilité de l’extraction à des fins de type jardinage (terreau par exemple).

C’est lors de ces journées de coupe de Motte que les paysans mettaient à jour des troncs d’arbre, de Morta précisément, comme le décrit la carte postale du début du XXe siècle.

Couteaux Morta - Extraction du Morta

Couteaux Morta – Extraction du Morta

 

Couteaux Morta | Bois et Environnement travaillent de concert

Un bois local, mais vraiment très local

Tandis que vox populi crie régulièrement, et à raison, aux importations intempestives, les artisans briérons façonnent une matière première locale. Locale, vraiment ? 800 mètres de distance, on fait difficilement une empreinte carbone aussi basse. De souvenir de Briérons, jamais un porte-conteneurs n’a fait escale dans le marais.

Rappelons tout de même qu’en France, le transport représente, à lui seul, plus d’un tiers de la consommation d’énergie finale et 39 % des émissions de CO2. C’est pourquoi la loi du 12 juillet 2010 prend des mesures pour améliorer et adapter les infrastructures nationales.

Un artisanat… artisanal sans automatisation

En Brière, les chênes ont disparu depuis 5000 ans, enfouis dans le sol par les bouleversements géologiques. Conservés grâce à la tourbe, leur méthode d’extraction est restée intacte depuis l’époque des coupes de motte. Point de pelleteuses, ni autres machines à extractions ou automates de sciage, juste la même chèvre composée de bois justement et de quelques chaînes. Le reste se fait à la force des bras et de la volonté de l’artisan coutelier, à coups de pelles et de pioches. Côté écologie, qui dit mieux ?

Dans l’atelier, idem ! Les couteliers façonnent à la main, sauf Rio qui travaille à la patte. Eh oui, chacun ses attributs naturels ! Là-dessus, on juge pas !

Extraction du Morta

Extraction du Morta – Tous au travail

Déforestation | De quoi parle-t-on ?

À l’échelle mondiale

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 420 millions d’hectares de forêt ont disparu depuis 1990 de la surface du globe, dont presque 100 millions d’hectares ces vingt dernières années. Les conséquences sont catastrophiques : diminution de la biodiversité, augmentation des gaz à effet de serre, menace pour les peuples autochtones, etc.

Les chiffres sont très disparates selon les régions. Alors que la Terre compte 31 % de sols boisés, l’Afrique subsaharienne en présente 27,8 (contre 28,7 il y a cinq ans). L’Amérique latine a perdu 0,7 % en 5 ans. Les chiffres décroissent également à Haïti, en Côte d’Ivoire, au Brésil. Forêts tropicales, boréales, tempérées ou subtropicales, toutes sont touchées. Heureusement, les politiques de reboisement, comme au Costa Rica, par exemple, tendent d’inverser la tendance.

La forêt française | Pas si mauvaise élève

Depuis 1985, la superficie forestière française a augmenté de 0,7 % par an. Ce chiffre doit sa hausse aux différentes politiques incitatrices à la reforestation et à la régulation de la déforestation. À ce jour, environ 17 millions d’hectares recouvrent notre territoire, soit 31 % du sol métropolitain dont 67 % peuplés par des feuillus tels que le chêne. C’est 7 millions de plus qu’en 1914.

En Brière, la zone humide où réside le Morta mesure 25 000 hectares. Depuis 10 ans que les Couteaux Morta existent, 3 hectares par an en moyenne sont explorés et les couteliers mettent un point d’honneur à effacer leurs traces après leur passage. Question ! À votre avis, quel bois est le plus propre entre un chêne issu de la déforestation et un tronc dormant depuis 5 millénaires ?

Filière bois française | Le chêne en danger ?

Porteuse de quelque 440 000 emplois en France, la filière bois surveille de près la commercialisation du chêne. Michel Druilhe, président de l’interprofession France Bois Forêt, a mis en place un groupe de travail spécifique. Mais, les chiffres dépassent de très loin ceux de la Brière. Si le chêne inquiète les hautes autorités, ce n’est pas suite aux 14 troncs que les Couteaux Morta extraient chaque année, mais plutôt à cause des exportations vers la Chine qui représentent, à elles seules et en seulement 4 mois de l’année 2021, autant que tout 2020 réuni. En effet, selon le journal La France Agricole, « les professionnels craignent l’appétit des importateurs chinois ».

Nous laissons donc à chacun la possibilité de réviser ses paradigmes et revoir sa vision des choses en corrigeant les déviances que nos propres prismes et biais nous incitent à prendre.

Bref, vous l’aurez compris, aux ateliers JHP, nous œuvrons simplement à travailler et sublimer ce bois, le Morta, le plus beau matériau que la nature nous a fourni. En France, les couteaux font partie intégrante du patrimoine culturel. Quel grand-père n’a pas offert à son fils, petit-fils ou fille, son couteau, symbole de nature, de travail foncier et de débrouillardise ? Les Couteaux Morta représentent cet esprit familial et font le bonheur de notre clientèle que nous remercions pour sa présence et son soutien indéfectible.

Envie d’en apprendre plus sur l’extraction du Morta ?

Couteaux Morta

Présentation de Couteaux Morta

Sources :

http://www.parc-naturel-briere.com/fr/leparc/un-territoire-dexception/ses-activites-humaines/le-noir-de-briere

https://www.ademe.fr/expertises/mobilite-transports/chiffres-cles-observations/chiffres-cles

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-deforestation-en-chiffres-selon-l-onu_147432

https://fne.asso.fr/actualite/deforestation-les-cles-pour-comprendre#:~:text=Depuis%201990%2C%20environ%20420%20millions,hectares%20entre%202015%20et%202020

https://www.jobsense.fr/mag/chiffres-deforestation-france

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