LCP, la chaîne parlementaire, s’intéresse aux Couteaux Morta dans son émission 1000 pays pour demain. Face à la journaliste Rebecca Fitoussi, le sénateur Ronan Dantec découvre le combat mené par l’Association Briéronne des Artisans du Morta (ABAM) pour protéger le Morta et son ancrage en Brière. À l’époque, Jean-Henri Pagnon, président de l’ABAM, raconte un véritable parcours du combattant. Après deux années consacrées à construire le dossier d’indication géographique protégée, les artisans se sentent seuls face au blocage de leur démarche. Pourtant, ils ne lâchent rien. Deux ans plus tard, le combat a franchi une étape décisive : en avril 2026, l’ABAM a officiellement déposé auprès de l’INPI la demande d’IGP « Morta ». Retour sur une croisade qui n’est pas encore terminée.

Protection du Morta : pourquoi l’ABAM part en croisade

Le but ? Protéger le nom Morta et son lien avec son territoire d’origine : la Brière. Car oui, « Morta » est un mot issu du patois briéron. Or, de plus en plus de sites internet vendent leur chêne des marais comme du Morta.

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Le morta est un chêne des marais, mais tout chêne des marais n’est pas du Morta.

JHP

Face à cette situation, les artisans locaux qui travaillent le Morta constituent l’ABAM (Association Briéronne des Artisans du Morta). Présidée par Jean-Henri Pagnon, elle engage alors le combat pour protéger le nom Morta, son ancrage en Brière et les savoir-faire qui lui sont associés.

L’ABAM s’engage dans la bataille pour protéger le Morta

Ce qui devait être une démarche de protection relativement simple va pourtant se transformer en véritable parcours du combattant. Pour défendre le nom Morta et son lien avec la Brière, l’ABAM s’engage dans un travail de longue haleine qui va mobiliser les artisans pendant plusieurs années.

L’INPI invite les artisans à protéger le nom Morta

L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) invite l’atelier JHP à engager une démarche d’indication géographique protégée pour le Morta.

Les artisans locaux qui travaillent ce bois se regroupent alors au sein de l’ABAM, l’Association Briéronne des Artisans du Morta, présidée par Jean-Henri Pagnon.

L’objectif est posé : faire reconnaître le lien entre le Morta, les savoir-faire qui l’entourent et son territoire d’origine, la Brière.

Deux ans de travail pour construire le dossier

Accompagnée notamment par la FFIGIA, l’ABAM rédige un cahier des charges en suivant les recommandations de l’INPI. Elle corrige, rectifie. Bref, pugnace et déterminée, l’association peaufine son projet pendant deux ans.

Son objectif dépasse la seule protection du nom Morta. Elle souhaite aussi :

Le travail de l’ABAM mis en attente pendant deux ans

Après deux ans de travail sur le cahier des charges, l’ABAM pense toucher au but. Mais le dossier va rester en suspens pendant deux années supplémentaires.

Retournement de situation !

L’INPI demande alors de modifier le cahier des charges « Morta » en « Morta de Brière ». Pour l’ABAM, cette modification remet en cause l’objectif même de la démarche : l’ajout du mot Brière ne protégerait justement pas le nom Morta. Des artisans important du chêne des marais des pays de l’Est ou fabriquant un morta de synthèse pourraient continuer à vendre leur produit sous ce nom, comme l’évoque Ronan Dantec. D’où l’importance, pour l’acheteur, de savoir où trouver du véritable Morta.

Protéger le mot Morta sous l’appellation « Morta de Brière » ? Pourquoi ne dit-on pas alors du Brie de Brie ? La réponse est dans la question… Pour le Morta, c’est pareil.

Avec le concours de la FFIGIA (Fédération Française des Indications Géographiques Industrielles et Artisanales), l’ABAM envoie alors une cinquantaine de lettres à des députés, des sénateurs et des cabinets ministériels.

La mobilisation de l’ABAM trouve un écho politique

Interrogé sur cette situation dans l’émission 1000 pays pour demain, le sénateur Ronan Dantec rappelle que les cadres administratifs protègent les activités et participent à la richesse d’un pays. Il reconnaît cependant que certains cas particuliers, non prévus par les normes, nécessiteraient un lieu de régulation pour être examinés. Pas de réponse concrète immédiate donc ! En 2024, l’ABAM poursuit son combat pour que le Morta reste briéron.

2026 : l’ABAM dépose la demande d’indication géographique protégée Morta

Quatre ans après le début des démarches, le combat de l’ABAM franchit une étape décisive. Le 24 avril 2026, l’association dépose auprès de l’INPI la demande d’enregistrement de l’indication géographique protégée « Morta », sous le numéro IG-2603. Et cette fois, le nom déposé est bien « Morta ». Le groupement de producteurs à l’origine de la demande est l’ABAM.

Le 24 juillet 2026, l’INPI annonce officiellement le démarrage de la procédure et la publication du cahier des charges dans sa base de données sur les IGP.

La bataille engagée par les artisans briérons n’est donc pas terminée : la demande d’IGP Morta est officiellement déposée et la procédure suit désormais son cours auprès de l’INPI.

La bataille pour protéger le Morta continue

Le dépôt de la demande marque une avancée majeure, mais pas la fin du combat. Tant que le cahier des charges de l’indication géographique protégée Morta n’est pas homologué, la protection recherchée par l’ABAM n’est pas acquise.

La démarche se poursuit donc avec la même ambition : faire reconnaître et protéger le nom Morta, son ancrage en Brière et les savoir-faire des artisans qui le travaillent.

Quatre années de démarches, de blocages et de mobilisation auront été nécessaires pour franchir cette nouvelle étape. De formalité à croisade, le combat continue. Et nous ne manquerons pas de vous raconter la suite.

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