Extraction Morta Saint Andre des Eaux 2023 10 06 Jerome Bosger 356 HD

Chêne des marais enfoui dans la tourbe, ce bois ne porte le nom de Morta que s’il provient de Brière. Pourquoi ? Car le terme « morta » appartient au patois briéron et sa fabrication découle de la création de la Brière elle-même. Très fortement ancré dans la culture locale, le bois morta fait partie intégrante du patrimoine linguistique, littéraire, artisanal, historique et géographique du parc naturel régional de Brière. Bois en cours de fossilisation, il s’extrait manuellement selon des règles strictes définies par la Commission syndicale de la Grande Brière Mottière en accord avec les services de la biodiversité. Il ne se vend qu’en Brière, sur des objets artisanaux et jamais comme bois brut ou massif. Sa richesse et sa noblesse proviennent de sa rareté et de sa beauté. À vous de le sublimer par votre émotion lorsque vous le tiendrez entre vos mains. Qu’est-ce que le bois morta ? Faisons connaissance avec ce matériau unique, voulez-vous ?

📌 Points clés : Le bois Morta

  • Fossilisation : le Morta est un chêne enfoui depuis 5 000 ans dans la tourbe de Brière, en milieu anoxique (sans air ni oxygène) et toujours en cours de fossilisation.
  • Rendement : seulement 20 % du tronc est utilisable, avec une couleur quasi ébène et des reflets caramel
  • Formation géologique : deux effondrements majeurs vers 2 300 av. J.-C. et 1 000 av. J.-C. ont enseveli les chênes
  • Extraction réglementée : technique manuelle à la sonde métallique, engins lourds interdits, zone et quota fixés annuellement
  • Littérature : Alphonse de Châteaubriant dans La Brière (1923) et Paul Burban dans Le Morta, le Corseau (1998) ont immortalisé ce bois
  • Protection : l’ABAM a déposé en avril 2026 une demande d’indication géographique protégée (IGP) « Morta » auprès de l’INPI.

Qu’est-ce que le bois Morta ?

Définition du morta, bois des marais de Brière

Le morta est le chêne des marais enfoui dans la tourbe de Brière. Impossible de le définir sans le relier à sa seule terre natale : la Brière. Il s’agit d’un bois en cours de fossilisation.

Petit à petit, les minéraux du sol (dans lequel il se trouve) remplacent la matière organique qui le compose, sans modifier sa structure atomique. Ce n’est donc pas un bois silicifié, pétrifié ou fossilisé.

🌳 Le morta est un chêne des marais, mais tout chêne des marais n’est pas du morta. 🌳

Je veux en savoir plus sur l’origine de ce bois et où le trouver !

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😉 NB : Ne parlons pas de « bois morta » ou « bois de morta », mais simplement de « morta ». Diriez-vous « bois de chêne » ou « bois de pin » ?

Caractéristiques et avantages du morta

Le Morta présente une couleur principalement noire, proche de l’ébène, parcourue de reflets caramel ou cognac. Chaque morceau reste unique. Très dense et dur, le morta est un bois d’une grande noblesse, lentement gagnée au cours de ses 5 000 années passées dans la tourbe. C’est un bois très résistant, mais ses plus beaux avantages restent sa rareté et sa singularité. À savoir que sur un tronc de morta, seulement 20 % environ de la matière est utilisable. Nous travaillons d’ailleurs à de nouvelles techniques pour améliorer ce rendement.

Le Morta en un coup d’oeil

CritèreLe Morta
EssenceChêne
OrigineBrière, en Loire-Atlantique
ÂgeEnviron 5 000 ans
Milieu de conservationTourbe, en milieu anoxique
Végétation associéeCarex, typha, jonc blanc, jonc vert et roseau
ÉtatBois en cours de fossilisation
CouleurPrincipalement noire, proche de l’ébène, avec des reflets caramel ou cognac
ExtractionManuelle et strictement réglementée
Utilisation actuelleCréations artisanales
ProtectionDemande d’indication géographique protégée « Morta » déposée auprès de l’INPI
Rendement utilisableEnviron 20 % d’un tronc extrait est utilisable par les artisans

Acquérir du morta ne se justifie pas, mais se ressent. Comment expliquer l’émotion portée par ce morceau d’histoire ?

Les utilisations possibles du morta

Traditionnellement, le morta servait de charpente pour la construction des chaumières. Les Briérons le ramassaient avec la tourbe et l’utilisaient aussi comme bois de chauffage. En effet, ils en appréciaient sa lente combustion due à sa densité hors du commun. Quel dommage, n’est-ce pas ? 

charpente en morta
Étable avec une charpente en morta encore utilisée en décembre 2023.
charpente en morta la foret engloutie

Ce bois noir unique et reconnaissable entre tous identifie également des points de repère pour les randonneurs sur les « sentiers à morta ».

Aujourd’hui, le Morta est principalement utilisé pour des créations artisanales : couteaux, bijoux, sculptures ou stylos.

Les meubles en morta (table, chaise, armoire) n’existent pas.

Où acheter du bois Morta ?

Le Morta n’est pas commercialisé comme bois brut. Il est travaillé par des artisans pour devenir couteaux, bijoux, sculptures, stylos ou autres objets artisanaux. Le Morta ne se vend qu’en Brière et transformé en objet. Il n’existe aucun revendeur de morta brut. Ainsi, vous trouvez des couteaux avec un manche en Morta, des bijoux en argent associés à une pièce de morta, des sculptures et même des stylos en Morta. Dans les années 80, un pipier d’Herbignac (dans le département de Loire-Atlantique) fabriquait des pipes (vous l’aviez compris 😅). On rencontre encore quelques rares sculpteurs qui exposent notamment sur les marchés artisanaux de Brière.

Donc si un site vous propose d’acheter du morta brut, morta massif, morta en planches, en plaquettes, en bloc ou autre morta à assembler, méfiez-vous ! Il s’agit forcément d’un autre chêne des marais. 

Et pour ceux qui souhaitent acquérir du véritable morta, visitez la boutique Couteaux Morta ou notre atelier de Saint-Nazaire (44).

Nouvel atelier

Comment se forme le morta ?

Au commencement était la Brière

Pour comprendre comment se forme le morta, il faut savoir comment s’est formé le sous-sol de la Brière. On vous a prévenus, l’un ne va pas sans l’autre 😅.

Voyageons quelque 5 000 ans en arrière et remontons au néolithique. La Brière connaît de nombreuses allées et venues de courants alternant l’eau douce et l’eau salée de l’océan atlantique. Ces bouleversements géologiques creusent une cuvette où marécages et vase se développent. Petit à petit, une immense forêt de chênes s’installe.

Deux épisodes géologiques majeurs participent à la formation du Morta : vers 2 300 ans av. J.-C., puis 1 000 ans av. J.-C., les chênes s’effondrent sous les mouvements du sol en Brière. La mélasse tourbière ensevelit alors la forêt.

La tourbe dans laquelle les troncs à l’origine du Morta sont enfouis les prive d’air et d’oxygène : ils se trouvent en milieu anoxique. Ainsi, ils ne pourrissent pas. Au contraire, ils sont protégés et se nourrissent des nombreux nutriments du sol issus d’éléments organiques : le carex, le typha ou chandelle de loup, le jonc blanc ou fifande, le jonc vert et surtout le roseau.

Au cours de son séjour dans la tourbe, le Morta se charge notamment en minéraux. Il acquiert progressivement sa couleur principalement noire, proche de l’ébène, ainsi que ses reflets caramel ou cognac caractéristiques.

Chez Couteaux Morta, nous aimons dire que le sol a servi de sarcophage naturel aux troncs de chênes. Plutôt joli comme image pour ces arbres contemporains des pharaons, non ?

Au commencement etait la Briere
Au commencement etait la Briere2

La science explique le lien entre la Brière et le morta

Des œuvres scientifiques et journalistiques retracent la création du sol de Brière et la formation du morta :

Palynologie : étude des grains de pollen et des spores actuels ou fossiles.

Extraction Morta Saint Andre des Eaux 2023 10 06 Jerome Bosger 337 HD

L’extraction du morta : une technique manuelle respectueuse de l’environnement

Une extraction manuelle très physique

L’extraction du Morta reste aujourd’hui essentiellement manuelle. Ces photographies du début du XXe siècle montrent la découverte des troncs de morta comme une aventure magique et hasardeuse. À cette époque, les paysans briérons déterraient le morta lors des tourbages.

photographies du debut du XXe siecle

Aujourd’hui, la recherche se fait toujours à l’aide d’une simple sonde métallique. Nous partons (oui, un coutelier morta est aussi extracteur😅)  à l’heure où blanchit la campagne munis de notre bonne humeur et de beaucoup de courage, car croyez-nous, il en faut ! Toute la journée, la sonde va et vient en profondeur dans le sol jusqu’à ce que nous sentions une résistance. Alors, nous délimitons la zone pour juger de la grandeur du tronc en présence. Ce n’est qu’après que l’extraction réelle (donc le plus dur travail) commence. Voyez plutôt !

Mais strictement réglementée

L’extraction du Morta obéit à des règles strictes établies par la Commission syndicale de la Grande Brière Mottière, en accord avec le Parc naturel régional de Brière et les services de la biodiversité.

Les règles d’extraction du Morta interdisent la présence d’engins lourds de manutention et de transport. Pour réguler l’affluence et les piétinements, la Commission syndicale de la Grande Brière Mottière impose également une déclaration avant tout reportage ou visite d’envergure.

Élément encadréRègle appliquée
Zone d’extractionDéfinie chaque année
Période d’extractionFixée chaque année
Quantité extraiteSoumise à un quota de troncs
MatérielEngins lourds de manutention et de transport interdits
Droit d’extractionSoumis à une cotisation annuelle
Reportages et visites d’envergureDéclaration préalable obligatoire
Après l’extractionRemise en état des lieux exigée

Ces précautions garantissent le respect de l’écosystème et la sauvegarde de la faune et de la flore.

Les autorités insistent sur une parfaite remise en état des lieux après extraction. Des limites que nous validons et soutenons totalement.

Tout savoir sur les conditions d’extraction du morta.

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L’origine du mot Morta : un terme purement briéron

Le terme « morta » est un mot d’antan issu du patois de Brière. Fortement ancré dans la culture locale, il prend ses racines (sans jeu de mots) autour de Saint-Joachim, de Mayun et de l’île de Fédrun en plein cœur de la Brière.

Le morta dans le langage briéron

L’association locale La Pierre Chaude valorise les liens de la tradition et de la mémoire. Elle répertorie dans un glossaire tous les mots d’origine briéronne dont le mot morta avec la définition suivante :

Morta : Bois (chêne) fossilisé que l’on trouve dans la tourbe.

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Le BT Journal (Bibliothèque de Travail, Publications de l’École Moderne Française, pédagogie Freinet) publie un lexique dans La Brière, un marais et sa vie autrefois.

Morta : tronc d’arbre fossilisé enfoui dans le sol.

BT Journal
Source Le BT Journal

Le morta dans la littérature et les légendes de Brière

La Brière d’Alphonse de Châteaubriant :

Dans son roman La Brière, écrit en 1923, Alphonse de Châteaubriant transforme le Morta en véritable personnage de l’histoire. 

💡😉C’est ce roman qui nous donna l’envie de créer les Couteaux Morta.

Notre Dame de Blanche Couronne :

Dame de Blanche-Couronne languissait de voir son époux rentrer des croisades. Partie en solitaire en forêt et assaillie par les brigands, elle leur jette l’anneau de ses noces à la face en implorant son aimé de la secourir. Aussitôt, la forêt sombre dans un abîme et y enfouit les agresseurs. Une nouvelle Brière apparaît .

Le roman de Châteaubriant fait d’ailleurs référence à cette légende.

Le Morta, le Corseau

En 1998, Paul Burban, conteur de Brière, écrit ce poème.

Voici contée l’histoire des chênes et des roseaux. Cette histoire nous raconte comment les Dieux, de colère face aux rois qui voulaient se rassembler pour vanter leurs exploits, déclenchèrent un tel cataclysme que tout fut enseveli. Ou comment les dieux punirent l’orgueil des Hommes.

« Les chênes se dressaient superbes de fierté…

Les chênes arrachés brisés par le courant…

Parmi les vieux chênes d’une forêt engloutie, dans ce marais profond qui sut les accueillir… ».

La pipe en morta

« Il tenait entre ses lèvres une pipe dont je vis tout de suite qu’elle était en morta. Vous savez, ce morta qui provient des arbres millénaires fossilisés qu’on trouve au fond de la Brière. » Le héros de l’histoire reçoit du Dieu des marais, le cousin de Neptune, une pipe en Morta pour le remercier de son aide.

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Pourquoi protéger le Morta ?

Le nom Morta utilisé pour des chênes des marais étrangers

Aujourd’hui, des chênes des marais provenant notamment de Pologne, de Lituanie ou de Russie sont parfois commercialisés sous le nom « Morta ». Pourtant, partager une même essence ou avoir séjourné plusieurs millénaires sous terre ne suffit pas à faire d’un chêne des marais du Morta.

Cette utilisation entretient la confusion auprès des acheteurs et brouille l’origine d’un matériau dont l’histoire est indissociable de la Brière.

L’ABAM s’engage pour protéger le Morta

Face à cette confusion, les artisans se sont regroupés au sein de l’Association Briéronne des Artisans du Morta (ABAM), présidée par Jean-Henri Pagnon, fondateur de Couteaux Morta. Dans le cadre de la demande d’IGP, l’ABAM est désignée comme organisme de défense et de gestion. Elle poursuit quatre objectifs principaux.

L’association veille à ce que l’appellation « Morta » reste rigoureusement liée au territoire de la Brière. Elle lutte activement contre la confusion avec d’autres chênes des marais importés de l’étranger et contre l’utilisation abusive du terme.

L’ABAM porte la demande de reconnaissance officielle auprès de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), associée à un cahier des charges strict. L’objectif : garantir l’authenticité du matériau et protéger les savoir-faire locaux.

L’association veille au respect des règles qui encadrent l’extraction du Morta dans les marais.

Elle rassemble des créateurs et des entreprises du Parc naturel régional de Brière pour dynamiser l’économie locale et promouvoir un artisanat d’art aux fortes valeurs éthiques et patrimoniales.

La demande d’indication géographique protégée Morta est déposée

La démarche engagée par l’ABAM a franchi une étape décisive en 2026. Le 24 avril, l’association a déposé auprès de l’INPI la demande d’homologation de l’indication géographique protégée « Morta », enregistrée sous le numéro IG 2603. Le périmètre géographique défini dans la demande d’IGP couvre les 21 communes du Parc naturel régional de Brière, dans le département de Loire-Atlantique.

Le 24 juillet 2026, un avis publié au Journal officiel a ouvert la procédure nationale d’opposition. La demande suit désormais son processus d’examen avant une éventuelle homologation.

Cette avancée marque une nouvelle étape dans la reconnaissance officielle du Morta et du travail mené par les artisans réunis au sein de l’ABAM.

Comment entretenir le Bois Morta ?

Le Morta a passé plusieurs millénaires enfoui dans la tourbe en milieu humide. Pourtant, une fois extrait et travaillé, il n’apprécie pas le contact prolongé avec l’eau. Il s’entretient simplement avec un chiffon doux. De temps en temps, vous pouvez appliquer un peu de cire d’abeille.

Gardez-le à l’abri de la lumière.

💡Le Morta n’est pas un bois stabilisé. Un bois stabilisé a subi un traitement consistant à imprégner sa structure de résine afin d’en améliorer notamment la résistance. Le Morta utilisé pour nos couteaux ne subit pas ce traitement.

Nous entendons parfois parler de bois imputrescible. Nous ne saurions l’affirmer. Le Morta est en cours de fossilisation. Même après 5 000 ans d’enfouissement, il reste du bois et conserve sa structure ligneuse.

Pour votre couteau pliant, la meilleure place reste le fond de votre proche ou le creux de votre main, à vous de choisir 😉.

Entretenir le manche de son couteau en morta

Trop souvent assimilé à n’importe quel autre chêne de marais, le Morta provient de l’association indéfectible du chêne des marais et de la tourbe de Brière. Son histoire géologique, son ancrage dans la culture briéronne et les savoir-faire qui entourent son extraction et sa transformation en font un patrimoine unique.

Le connaître, c’est déjà contribuer à préserver son identité.

Merci infiniment d’être nos ambassadeurs et de toujours porter notre belle parole en reconnaissant ce bois unique à sa juste valeur.

Article rédigé par la plume affûtée de Christelle Lorant  ; publié le 27 août 2024 et mis à jour en septembre 2026.

  • Qu’est-ce que le Morta ?

    Le Morta est un bois exceptionnel, qui trouve son origine dans les marais de Brière en France. Il s’agit d’un chêne subfossile, vieux de 5 000 ans, qui a été enseveli et préservé par les sédiments de tourbe.

    En raison de cette conservation naturelle, le Morta a acquis une texture unique, riche en silice, qui lui donne sa couleur noir-ébène aux reflets caramels et en fait un matériau précieux et recherché pour la fabrication de manches de couteaux.

    Son histoire, sa rareté et ses caractéristiques en font un choix privilégié pour les artisans couteliers, notamment pour les couteaux produits par Couteaux Morta.

  • Qu’est-ce que le bois de Morta ?

    Utiliser le terme « bois de Morta » est superflu, car le Morta se suffit à lui-même. Tout comme on ne dirait pas « bois de chêne » pour parler de chêne, il est plus approprié de parler simplement de Morta.

    Ce matériau est un chêne en cours de fossilisation vieux de plusieurs millénaires, qui, grâce à son long séjour dans la tourbe des marais de Brière, a acquis des propriétés exceptionnelles et une apparence unique.

    En tant que tel, il est respecté et reconnu sous le simple nom de Morta, un matériau noble utilisé pour créer des objets d’artisanat d’exception.

  • Où acheter du bois de morta ?

    Le morta ne se vend qu’en Brière et toujours transformé en objet : couteaux, bijoux en argent, sculptures, stylos. Il n’existe aucun revendeur de morta brut. Si un site vous propose du morta brut, massif, en planches ou en plaquettes, méfiez-vous : il s’agit forcément d’un autre chêne des marais. La plupart de ces bois proviennent d’importateurs d’Europe de l’Est (Pologne, Lituanie, Russie). Pour acquérir du véritable morta, visitez la boutique Couteaux Morta ou notre atelier de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 44).

  • Quelle est l'histoire du morta ?

    L’histoire du morta commence au néolithique, il y a environ 5 000 ans. À cette époque, la Brière connaît des bouleversements géologiques qui forment une cuvette de marécages où s’installe une immense forêt de chênes. Par deux fois, les chênes s’effondrent : autour de 2 300 ans avant J.-C., puis 1 000 ans avant J.-C. Ensevelis sous la tourbe, les troncs sont privés d’oxygène (milieu anoxique) et ne pourrissent pas : c’est le début de la fossilisation. Les Briérons les exploitent depuis longtemps, d’abord pour la charpente des chaumières et le bois de chauffage, puis comme matière artisanale noble. Le mot « morta » lui-même appartient au patois briéron et est répertorié par l’association locale La Pierre Chaude.

  • Qu'est-ce que le bois de marécage ?

    Bois de marécage français, le morta est un chêne enfoui depuis 5 000 ans dans la tourbe des marais de la Brière (Loire-Atlantique). Privé d’oxygène par la tourbe (milieu anoxique), il ne pourrit pas. Les minéraux du sol remplacent progressivement sa matière organique sans modifier sa structure atomique. Le morta n’est cependant pas un bois fossilisé ni silicifié, mais un bois en cours de fossilisation.

  • Quelle est la définition du morta ?

    Le morta est le chêne des marais enfoui dans la tourbe de la Brière, en Loire-Atlantique. C’est un bois en cours de fossilisation, vieux de 5 000 ans environ : les minéraux du sol remplacent peu à peu sa matière organique sans modifier sa structure atomique. Le terme « morta » appartient au patois briéron et ne désigne ce bois que s’il provient de Brière. Ailleurs, on parle simplement de chêne des marais.

  • Pourquoi le bois de morta est-il rare et précieux ?

    Le bois de morta est rare pour plusieurs raisons. Sa zone d’extraction est strictement limitée à la Brière, en Loire-Atlantique. L’extraction est manuelle, sans engins lourds, et encadrée chaque année par la Commission Syndicale de la Grande Brière Mottière qui fixe une zone autorisée, une période précise, un quota de troncs et une cotisation pour le droit d’extraction. Sur un tronc de morta, seulement 20 % environ de la matière est utilisable. Enfin, le morta ne se vend jamais sous forme brute, uniquement transformé en objets artisanaux : couteaux, bijoux, sculptures.